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Mieux comprendre la collapsologie, l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle

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Notre civilisation est-elle en train de s’effondrer ? C’est la question que se posent Pablo Servigne et Raphaël Stevens. Ces chercheurs s’intéressent de près à l’effondrement de notre civilisation. Au travers de chiffres, de preuves, d’hypothèses, de scénarios et de faits, ils créent cette nouvelle spécialité scientifique qu’on appelle la collapsologie. La science de l’effondrement de notre civilisation techno-industrielle mondiale et de la destruction de la planète, parlons-en !

La collapsologie, kesako ?

Nouvelle science interdisciplinaire qui regroupe des études, des faits, des données, des prospectives et des scénarios, la collapsologie vient du latin lapsus, qui veut dire chute. Celle-ci désigne l’effondrement brutal d’une fonction vitale. D’après les chercheurs Pablo Servigne et Raphaël Stevens, la catastrophe a déjà commencé pour la civilisation. Ceci, à cause de l’aggravement du réchauffement climatique, de l’épuisement des ressources énergétiques, alimentaires, forestières, halieutiques et métallifères.

Le temps est compté : la grande descente énergétique annonce la fin du pétrole. Les écosystèmes sont en train de s’écrouler. La collapsologie, c’est une boîte à outils qui mène vers différents concepts tant écologique, sociologique et économique. C’est une discipline qui touche le survivalisme, la violence, l’entraide, la résilience, les risques systémiques, la corruption, la mafia, le rationnement, l’économie post-croissance et le low-tech.

Quatre des neufs seuils critiques déjà enfoncés

Pablo Servigne et Raphaël Stevens ne sont pas les premiers à parler de l’effondrement de la civilisation industrielle. En 1972, le rapport Meadows prévoyait l’effondrement de la civilisation industrielle pour 2030. Selon une publication de Nature datant de 2009, la vie ne pourra être maintenue sur la planète si nous allons au-delà des neufs seuils critiques dont l’acidification des océans, la consommation d’eau douce et la pollution chimique, entre autres.  D’après les scientifiques signataires de l’étude, au moins quatre d’entre eux ont déjà été enfoncés. On parle notamment du déclin de la biodiversité, de la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, du changement d’affectation des terres et du changement climatique.

« Dans nos sociétés, très peu de gens savent aujourd’hui survivre sans supermarché, sans carte de crédit et sans station-service. Lorsqu’une société devient “hors-sol”, c’est-à-dire lorsqu’une majorité de ses habitants n’a plus de contact direct avec le système-Terre (la terre, l’eau, le bois, les plantes, etc.), la population devient entièrement dépendante de la structure artificielle qui la maintient dans cet état. Si cette structure, de plus en plus puissante mais vulnérable, s’écroule, c’est la survie de l’ensemble de la population qui pourrait ne plus être assurée. »

(Servigne & Stevens)

Qui sont Pablo Servigne et Raphaël Stevens ?

Né en 1978, Pablo Servigne est un chercheur français indépendant et transdisciplinaire. Avec Raphaël Stevens, chercheur indépendant spécialisé dans les sciences de la complexité et la modélisation qualitative, il développe la collapsologie. Les deux collapsologues ont publié « Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes » en 2015. Il s’agit là d’un ouvrage qui redonne de l’intelligibilité aux phénomènes de « crises » que nous vivons. Pour eux, la crise écologique a déjà eu lieu et notre civilisation industrielle fonce dans le mur.

Pour en savoir plus sur la collapsologie : http://www.collapsologie.fr/

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